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De la folie, derrière c’est la folie. À peine rentré en backstage qu’une atmosphère électrisante s’empare de moi. C’est ici que tout se joue. Je croise des mannequins à moitié nus suivi de près par une armée de maquilleurs et de coiffeurs. Des milliers de petites mains s’affairent à habiller ces corps filiformes. Les gens râlent, crient, s’esclaffent. On a perdu une casquette. Le défilé va bientôt commencer. L’énergie devient palpable, presque lourde. Un écran géant filme le podium. Ils n’attendent plus que nous. Elle est où la casquette ?! On me regarde. Je les regarde. Je ne porte jamais de casquette. La musique commence. Tous les mannequins sont alignés et attendent sagement leur tour. La casquette fait son retour. Les visages sont concentrés. Déterminés. Un à un, les modèles défilent sous le regard vigilant des créateurs. Une à une, les tenues s’en vont connaitre ou non la notoriété. Il ne reste plus qu’une modèle. Elle me fixe, sourit avant un ultime saut dans la cage aux lions. Silence. Puis les applaudissements. Enfin. Le défilé est terminé, les mannequins sortent de scène. Un grand cri de joie s’élève à travers la pièce. Toute l’équipe s’enlace, pleure, rigole. Je me prend même à applaudir avec eux. Une habilleuse m’enlace et me glisse un : « on y est arrivés ». Nous entendons souvent, à juste titre ou non, des critiques concernant le milieu de la mode. Mais il y a une chose que j’ai réalisé ce soir et qu’on ne pourra jamais nous enlever : c’est que nous formons une grande famille. Je rentre me coucher le sourire aux lèvres. C’était une belle soirée. J’ai déjà hâte d’être à demain.IMG_7434 IMG_7705OK1 IMG_7626IMG_7675IMG_7643

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Article et photographies : Boris Perraud